
Biographie
L’artiste Patricia Gauvin a complété un doctorat en études et pratiques des arts de l’Université du Québec à Montréal, après avoir consacré sa maîtrise en arts visuels et un certificat en sculpture dans la même université. Quelques années auparavant, elle a réussi un diplôme de deuxième cycle en enseignement des arts à l’Université Concordia où elle a terminé un baccalauréat en beaux-arts. Elle enseigne actuellement à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM.
Au fil du temps, elle a réalisé de nombreuses expositions individuelles et collectives. Pour ses plus récentes propositions artistiques, en 2023 elle a exposé au Musée Marius Barbeau à Saint-Joseph-de-Beauce en présentant La pensée laboratoire qui avait préalablement fait l’objet d’une exposition au Centre des arts Alain Larue, un peu plus tôt dans l’année. En 2021, elle a réalisé l’exposition L’insaisissable au Centre d’exposition d’Amos. Sans oublier : Rencontrer l’imaginaire, au Centre d’exposition Mont-Laurier en 2024
Elle coordonne le groupe Artistes têtes chercheuses, avec lequel elle poursuit ses recherches théorique et esthétique. Le groupe a plusieurs présentations publiques à son actif, entre autres à la Maison de la culture Frontenac, au Centre d’art Diane Dufresne, au musée de la Côte Nord de Sept-Îles, à la Galerie d’art Stewart Hall de Pointe-Claire, Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, prochainement, au Centre national d’exposition de Jonquière.
Parmi ses nombreuses autres expériences, ses œuvres ont été acquises par des collections d’art, notamment pour le Musée des beaux-arts de Sherbrooke et par différentes collections privées. Elle a également reçu de nombreux prix et bourses à travers le temps, entre autres par le Conseil des arts du Canada en 1995 et en 2020.
Par le dessin, la peinture, la sculpture et le son, elle façonne l’immatériel : nos peurs, nos pensées polluantes et notre fantaisie.
Démarche artistique
Ma démarche de création remet en question le moment déterminant de l’inspiration, son aspect vaporeux et instable, en s’intéressant à l’inconscient, qui entrepose nos expériences. À travers dessins grands formats, sculptures, sons et vidéos, je crée des installations immersives simulant l’entrée dans nos méninges. En dessinant des connexions neuronales, j’ai constaté leur similitude avec la végétation : la structure d’un arbre reflète celle d’un neurone, avec ses ramifications. Des auteurs comme Nathalie Mayer soulignent l’intelligence des plantes, comparant leurs connexions à celles du système nerveux, où molécules comme dopamine et sérotonine circulent aussi bien dans les végétaux que dans nos neurones. Quintin Hiernaux, chercheur à Bruxelles, affirme que les arbres communiquent via leurs racines et feuillages, via un réseau souterrain de mycélium, comparable aux connexions neuronales, illustrant une intelligence collective.
La science influence ma création depuis des années, comme en témoigne ma thèse sur l’anthropologie du laboratoire et mes expositions thématiques. Avant les arts, j’avais un diplôme en sciences pures du CÉGEP de Saint-Hyacinthe, où j’ai grandi, avec une passion pour la biologie. La complexité du corps humain et la botanique m’ont amenée à explorer les liens entre ces disciplines. Je représente ce monde intérieur par des formes évoquant à la fois les connexions neuronales et la végétation, créant un espace imaginaire mêlant gouache, acrylique, fusain et pastel, complété par des sculptures en papier ou plastique, une vidéo et une trame sonore. En 2026, grâce à une bourse du CALQ, je poursuis cette exploration en comparant branches et racines d’arbres à ses dendrites, le tronc à l’axone, symbolisant leur symbiose, et révélant la beauté de ces systèmes d’échange. En automne, je finaliserai un dessin de 9 x 39 pieds (274 x 1100 cm) et une vidéo immersive avec performances à la réserve Gault, sons et animations oniriques, soutenue par des professionnels pour inviter à réfléchir à la symbiose entre l’esprit humain et la nature.
